À moins de cinq mois de la keynote d'automne qu'Apple tient traditionnellement en septembre, les contours de l'iPhone 18 Pro et de l'iPhone Fold se précisent dans les cercles spécialisés. Ces deux appareils cristallisent l'attention pour des raisons opposées : l'un prolonge une lignée éprouvée avec des ambitions techniques renouvelées, l'autre représenterait une rupture de format qu'Apple n'a jamais assumée publiquement jusqu'ici. Pour les observateurs du marché, l'année 2026 pourrait être la plus charnière pour la marque depuis l'introduction du Face ID en 2017.

L'iPhone 18 Pro : une puce maison et un appareil photo revu

L'iPhone 18 Pro serait équipé d'une nouvelle génération de puce Apple Silicon, vraisemblablement la A20 Pro, gravée en 3 nm amélioré selon les informations circulant dans la chaîne d'approvisionnement. Côté photographie, plusieurs sources évoquent une refonte du module principal, avec un capteur périscopique étendu à davantage de modèles de la gamme Pro — une fonctionnalité jusqu'ici réservée au seul modèle Max. Le design global resterait cohérent avec celui de l'iPhone 16 Pro, mais le cadre en titane pourrait évoluer dans sa finition. Aucune de ces informations n'a été confirmée par Apple, qui ne commente jamais les produits à venir avant leur annonce officielle.

Sur le plan logiciel, l'iPhone 18 Pro tournerait dès sa sortie sous iOS 20, dont la présentation publique est attendue lors de la WWDC, programmée début juin. Apple Intelligence, la plateforme d'intelligence artificielle déployée progressivement depuis l'iPhone 16, devrait y occuper une place centrale, avec de nouvelles capacités d'inférence locale — c'est-à-dire des traitements effectués directement sur l'appareil sans recours aux serveurs. Ce virage vers l'IA embarquée conditionne en partie les choix architecturaux de la puce A20 Pro, dont la Neural Engine serait sensiblement renforcée.

L'iPhone Fold, le pari le plus risqué d'Apple en une décennie

C'est l'iPhone Fold qui concentre le plus d'interrogations. Apple aurait travaillé sur un format pliant depuis plusieurs années, multipliant les dépôts de brevets sans jamais franchir le cap commercial. Selon les informations disponibles à ce stade, l'appareil adopterait un format livre — à l'image du Galaxy Z Fold de Samsung — plutôt qu'un format coquille, et proposerait un écran intérieur d'environ 7,8 pouces déplié. Le pli central, point faible historique de tous les concurrents, aurait fait l'objet d'un travail spécifique sur la résistance du verre et la charnière. Des fuites issues de la chaîne logistique taïwanaise suggèrent une production en volumes limités pour un lancement en 2026, mais aucune date précise n'a été avancée de manière fiable.

Le prix constitue l'autre inconnue majeure. Positionner un iPhone pliant sous la barre des 2 000 euros semble peu probable au regard des coûts de production associés aux écrans flexibles OLED. Samsung, qui domine ce segment depuis plusieurs années avec ses Galaxy Z Fold, n'est jamais parvenu à descendre sous ce seuil pour ses modèles haut de gamme dépliants. Apple pourrait choisir d'assumer un tarif encore plus élevé, en pariant sur l'effet de désirabilité de la marque plutôt que sur l'accessibilité. Ce calcul commercial est exactement le même que celui fait lors du lancement de l'Apple Vision Pro en 2024 — un produit de niche assumé, destiné à poser un jalon technologique davantage qu'à conquérir un marché de masse.

Un calendrier et une stratégie de communication encore flous

Apple n'a, à ce jour, rien annoncé officiellement sur l'un ou l'autre de ces appareils. La WWDC de juin constituera le premier rendez-vous important, non pour les annonces matérielles — Apple les réserve à l'automne — mais pour iOS 20, dont les fonctionnalités conditionneront ce que les nouveaux iPhone pourront réellement offrir à leurs utilisateurs. Les analystes de Ming-Chi Kuo et les équipes de Bloomberg suivant Tim Cook ont tous signalé un cycle de développement particulièrement actif pour cette gamme, sans toutefois s'engager sur des dates ou des prix définitifs.

Ce qui est certain, en revanche, c'est que la pression concurrentielle s'est intensifiée. Samsung a lancé sa septième génération de Galaxy Z Fold, Google a enrichi son Pixel 9 Pro Fold, et Honor propose désormais des appareils pliants à des tarifs inférieurs sur plusieurs marchés européens. Apple prend le temps de ses arbitrages — la marque l'a prouvé en refusant pendant des années d'adopter le grand écran, avant d'en faire l'un des arguments centraux de l'iPhone 6 en 2014. Si l'iPhone Fold existe bien et sort cette année, il ne s'agira pas d'un rattrapage précipité, mais d'une entrée sur un marché que Cupertino aura eu le loisir d'observer longuement avant d'y poser le pied.