Sam Altman, PDG d’OpenAI, a témoigné le 12 mai 2026 devant le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie, dans le procès intenté par Elon Musk contre OpenAI et Microsoft. Le dossier porte sur la transformation d’OpenAI et sur l’accusation de Musk selon laquelle l’entreprise aurait trahi sa mission fondatrice. Musk demande notamment l’éviction d’Altman et conteste la manière dont OpenAI a évolué d’une structure à but non lucratif vers un modèle capable de lever des capitaux massifs.

Altman a rejeté cette lecture. Interrogé sur l’idée qu’il aurait « volé une œuvre caritative », il a répondu qu’il lui était difficile de comprendre une telle présentation. Son témoignage a surtout replacé le conflit dans les premières années d’OpenAI, lorsque les fondateurs se disputaient déjà la gouvernance, le financement et le contrôle d’une technologie considérée comme stratégique.

Ce qu’Altman a dit du contrôle demandé par Musk

Selon les comptes rendus d’audience, Altman a déclaré que Musk avait cherché à prendre le contrôle d’OpenAI, y compris en voulant en devenir le PDG. Il aurait aussi évoqué la possibilité de transmettre ce contrôle à ses enfants. Altman a dit s’être senti « extrêmement mal à l’aise » face à cette perspective, estimant qu’OpenAI ne devait pas dépendre d’une seule personne.

Il a également expliqué s’être opposé à une fusion avec Tesla, au motif qu’une entreprise automobile ne pouvait pas porter seule une mission de sûreté de l’IA. Interrogé sur un message de 2023 dans lequel il écrivait qu’OpenAI n’aurait peut-être pas existé sans Musk, Altman a reconnu avoir désormais des sentiments plus complexes à son égard. Il a ajouté avoir eu l’impression que Musk les avait abandonnés, une formule qui montre combien le litige reste personnel autant que stratégique.

La défense de Musk attaque la crédibilité d’Altman

L’avocat de Musk, Steven Molo, a tenté de présenter Altman comme un dirigeant disant aux interlocuteurs ce qu’ils veulent entendre. Il s’est appuyé sur des témoignages d’anciens cadres d’OpenAI, dont Mira Murati et Ilya Sutskever, qui ont déjà mis en cause certains aspects de sa gouvernance. Altman a répondu qu’il se considérait comme une personne honnête et digne de confiance dans les affaires.

Le témoignage intervient après celui de Satya Nadella. Le patron de Microsoft a indiqué que Musk ne lui avait pas fait part de préoccupations directes au sujet de l’investissement de Microsoft dans OpenAI, et s’est dit fier de cette décision. Cette séquence donne au procès une portée plus large que la seule relation entre Musk et Altman : elle interroge aussi la place de Microsoft, la gouvernance d’OpenAI et la manière dont les grands laboratoires d’IA financent leur développement.

Un procès qui dépasse OpenAI

L’affaire arrive à un moment sensible pour l’ensemble du secteur. OpenAI cherche à consolider son modèle d’entreprise, Anthropic progresse auprès des clients professionnels et SpaceX développe sa propre stratégie d’infrastructure autour de l’IA. Dans ce contexte, le procès expose publiquement des désaccords qui étaient longtemps restés internes à la Silicon Valley.

Aucun verdict n’a encore été annoncé. Le jury devra évaluer des questions inhabituelles en droit américain : jusqu’où une organisation créée autour d’une mission d’intérêt général peut-elle changer de structure pour financer son développement ? Et à partir de quel moment une évolution de gouvernance devient-elle une rupture avec la promesse initiale ? Quelle que soit l’issue, les dépositions constituent déjà une archive importante sur les années fondatrices d’OpenAI.